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Entretien : Le Grenelle 2 pourrait profiter aux PME innovantes

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Grégoire Profit est responsable technique et R&D chez ISB Water. Cette jeune PME fondée en 2004 est spécialisée dans le traitement de l’eau. Après le vote de la loi Grenelle 2, Grégoire Profit décrypte les enjeux de l’eau dans la ville de demain. La loi Grenelle 2 vient d’être votée. Quel Peut-être son impact sur les technologies dédiées à la protection de l’environnement ?

Globalement, le Grenelle 2 est plutôt vidé de sa substance. Notamment avec le report des taxes carbone et poids lourds. Mais tout ce qui va dans le sens de l’environnement soutient l’innovation technologique. Pour l’eau, il renforce la réglementation sur les rejets en milieu naturel. D’ordinaire, les PME peinent à se faire entendre sur des marchés, comme ceux de l’eau ou de l’énergie, très concentrés. Le Grenelle 2peut changer la donne. Il pourrait profiter aux PME innovantes : en plaçant l’environnement au coeur des débats, il pourrait faciliter la création de démonstrateurs technologiques.

ISB Water est spécialisé dans le traitement de l’eau. Quelles sont les perspectives d’innovation dans ce secteur ?

ISB Water est déjà bien implanté dans le traitement de l’eau industrielle. Désormais, l’enjeu porte sur les applications dans les villes. Nous participons au pôle de compétitivité Advancity sur les éco-innovation surbaines. La ville durable devra rejetter son eau telle qu’elle la capte. Nous n’en sommes pas loin. Bientôt, des procédés permettront de réduire de 90 % les adjuvants utilisés dans le traitement des eaux urbaines.

Avec quelle technologie ?

Aujourd’hui, le problème de l’eau en ville est la protection des réseaux existants. ISB Water a conçu un procédé de traitement de l’eau sans adjuvant chimique. L’objectif est de lutter contre l’embouage et la corrosion sur les échangeurs de chaleur. Notre dispositif repose sur trois phénomènes : l’électrolyse ; la microcavitation ; un champ électrostatique créé par une couche de téflon. Intégré aux canalisations existantes, il permettra d’éviter l’usage d’adjuvants comme les sels d’adoucissement, utilisés contre le tartre, et les filmogènes, employés contre la anticorrosion. Dans lesstations d’épuration, nous pouvons par exemple réduire de plus de 80 % l’usage des floculants comme les sulfates d’alumine. Les démonstrateurs devraient déboucher sur un premier déploiement l’année prochaine.

Propos recueillis par Thomas Blosseville

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